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Rechercher un emploi, un stage, une formation en utilisant internet

publié le 11. 01. 2022

Organisés dans le cadre du Forum de l’Inclusion et de la Médiation numérique, ces deux groupes ont réuni une quinzaine de professionnel·le·s travaillant principalement dans les domaines de l’accompagnement social et de l’insertion, ainsi que dans le numérique. Les participants ont été invités à partager leur expérience au contact des publics en recherche d’emploi en QPV : quels sont leurs équipements, connexion et usages d’internet ? Sont-ils autonomes ? Rencontrent-ils des difficultés ? Ont-ils des personnes susceptibles de les aider en cas de besoin ? Quelles sont leurs attentes et suggestions ? Cette note présente une analyse synthétique de ces échanges.


Une majorité de publics résidant en QPV disposerait de smartphones, pas toujours performants. Les ordinateurs seraient beaucoup moins présents. On trouverait parfois des tablettes dans certaines familles. On note des difficultés avec l’accès à internet dues à une connexion insuffisante et de mauvaise qualité. Les usages de ces publics sont en grande partie relatifs aux loisirs et aux réseaux sociaux. Une difficulté majeure concerne les identifiants et les mots de passe. L’utilisation des e-mails constituerait un autre frein. Les outils bureautiques élémentaires tels que le traitement de texte seraient eux aussi complexes d’utilisation. La formulation et l’utilisation de mots-clés pour obtenir des informations ne serait pas une tâche aisément réalisable. Les enjeux relatifs aux risques – sécurité, données personnelles, cyber-harcèlement… – constitueraient un autre champ problématique. Des différences existent néanmoins selon les publics.
Un problème global d’autonomie est pointé, traduisant un besoin d’aide chez de nombreuses personnes. La maîtrise de la langue française constituerait un frein majeur, à l’écrit comme à l’oral. Les publics résidant en QPV ne seraient souvent pas autonomes lorsqu’ils entament des démarches d’accompagnement par différentes structures, mais le deviendraient progressivement et finiraient par l’être totalement au bout d’un certain temps. 
Deux principaux champs de difficultés différents se dégagent et se cumulent finalement : les problèmes liés au numérique et ceux relatifs à la recherche d’emploi, de stage ou de formation. Cela pénaliserait doublement les publics résidant en QPV pour lesquels internet et l’informatique ne seraient pas des facteurs de facilitation, mais bien au contraire, d’aggravation des problèmes rencontrés
Une part importante des publics résidant en QPV se retrouverait seule face à des problèmes difficilement gérables sans une aide tierce : démarches administratives dématérialisées, devoirs en ligne, recherche d’emploi sur internet… Il y aurait par ailleurs de nombreux publics « invisibles ». La gêne voire la honte à solliciter un appui pénaliserait particulièrement certaines personnes. Une autre part – également importante – des publics serait cependant en capacité d’obtenir de l’aide en cas de besoin, auprès d’un·e proche ou d’un·e professionnel·le. Les publics auraient enfin tendance à chercher de l’aide en priorité près de chez eux.